20 Minutes avec AFP, 18 novembre 2021

TRIBUNE Trente-cinq associations de journalistes demandent au gouvernement de Jean Castex et à l’ensemble des forces politiques de défendre réellement la liberté d’informer.

Journalistes, Illustration
Journalistes, Illustration — CHAMUSSY/SIPA

« Des actes de menaces et d’intimidations de l’extrême droite se multiplient contre la presse. » Trente-cinq associations de journalistes ont interpellé le gouvernement et « l’ensemble des forces politiques » à cinq mois de la présidentielle. Dans une tribune publiée mercredi, les sociétés de journalistes, sociétés de rédacteurs et sociétés du personnel d’une large partie des grands médias français, expriment leurs plus vives inquiétudes. Le texte cite des « menaces de mort, appels au viol, insultes, cyberharcèlement sur les réseaux sociaux, interdictions de couvrir des événements politiques, intimidations lors des manifestations etc. »

Des journalistes interdits d’accès à une réunion publique d’Eric Zemmour

Les signataires donnent plusieurs exemples, survenus en quelques jours. En début de semaine, « le site d’information Street Press a révélé que plusieurs journalistes de Street Press et de Le Media TV ont été directement menacés dans des messages d’un groupuscule néonazi leur accolant une cible sur la tête, au milieu de dessins racistes censés représenter des musulmans, des juifs et des noirs », cite la tribune. « Lors d’une réunion publique d’Eric Zemmour le 12 novembre à Bordeaux, les journalistes de Sud-Ouest ont été interdits d’accès. Cette position a été assumée par l’équipe d’Eric Zemmour en la justifiant par le traitement journalistique du quotidien régional d’un événement précédent. ».

« A Mediapart, une journaliste couvrant l’extrême droite fait face, depuis plusieurs semaines, à une vague d’appels au meurtre et au viol, depuis la publication d’une enquête sur des Youtubeurs d’extrême-droite ».

La défense de la liberté d’informer

Les SDJ interpellent « le gouvernement de Jean Castex et l’ensemble des forces politiques pour qu’ils défendent réellement la liberté d’informer et prennent enfin la mesure de la gravité de la situation à la veille d’une échéance politique cruciale », conclut le texte. Les signataires sont les associations issues des rédactions de l’Agence France-Presse, Arrêt sur images, BFM TV, ChallengesCourrier International, Les Echos, Le Figaro, France 2, France 3 National, Franceinfo.fr, FranceinfoTV, L’Expressl’Humanité, Journal du Dimanche, LCI, LCP, Libération, JT de M6, Marianne, Mediapart, Le Media TV, Midi LibreLe Monde, NRJ Group, L’ObsParis Match, Premières Lignes, Radio France, RFI, RMC, RTL, Sud OuestTélérama, TF1, La Tribune, TV5Monde…