Comme il faisait bon vivre dans le Clunisois !

Connaissez-vous cet ouvrage paru au milieu du dix-neuvième siècle : La Bourgogne par Ducourneau et Monteil ? Ce livre nous livre de succulents passages sur les mœurs et les usages de nos ancêtres en Saône-et-Loire. En voici un passage aujourd’hui, où vous lirez qu’il valait mieux vivre dans le Mâconnais que chez les « ventres jaunes » !

« Les habitants du département de Saône-et-Loire conservent, de nos jours, encore quelques-uns des caractères distinctifs des peuples auxquels ils doivent leur origine : les Eduens et les Burgondes. Il est toutefois peu de localités où l’influence du climat et de la configuration du terrain se fasse sentir d’une manière aussi remarquable. Nulle part, peut-être, on ne trouverait la preuve plus éclatante de ce principe que les fleuves et les rivières constituent les véritables limites entre les populations.

Il est difficile, en effet, de reconnaître le même peuple, la même race, dans les habitants des deux rives de la Saône.

Du côté de Mâcon, des Saône-et-Loiriens descendants des races montagnardes

À l’ouest de la rivière, sur la rive droite, le terrain est fortement accidenté, couvert de hautes montagnes, coupé de gorges profondes, abondant en sources d’eaux vives ; l’air y est vif et pur, le climat généralement sain.

C’est le pays d’Autun, celui de Charolles, c’est encore la partie haute des arrondissements de Chalon et de Mâcon.

Les habitants de cette portion du département présentent tous les caractères des races montagnardes : une taille moyenne et bien proportionnée, les formes prononcées, un embonpoint médiocre et une grande force musculaire ; là le teint est animé, le regard vif, la physionomie franche et ouverte ; le courage et la santé se lisent sous sur tous les visages.

Dans le Louhannais, des Saône-et-Loiriens chétifs au teint jaunâtre

À mesure que l’on se rapproche des parties basses, ces caractères physiques s’affaiblissent peu à peu et finissent par disparaître entièrement pour faire place, sur la rive gauche de la Saône, à des symptômes complètement opposés. 

Dans les plaines marécageuses du Louhannais, au milieu de ces bois et de ces brouillards, l’homme semble avoir perdu sa force et son énergie.

Les habitants de cette contrée ont, en général, une constitution faible et maladive ; leur stature est élancée et sans corpulence ; le tempérament lymphatique domine chez eux; les cheveux plutôt blonds que noirs, le teint blême ou jaunâtre, la barbe peu fournie, le cou mince et allongé, les membres grêles, la physionomie dépourvue d’expression, la parole et le geste d’une lenteur excessive; tout enfin révèle une organisation faible et molle, et accuse l’influence pernicieuse d’un air lourd et d’un sol humide. 

La population des villes ne peut que jusqu’à un certain point être comprise dans ces diverses appréciations ; il n’y a guère, en effet, que les grands caractères de races qui puissent résister aux causes nombreuses d’uniformité qu’entraînent après elles nos institutions sociales.» 

À suivre…