Henri Jean Eugène Martin est né le 15 février 1903 à Hautvillers. Dans ce petit village de la Marne (1 004 habitants en 1906), son père est propriétaire-vigneron. Le couple Martin qui vit rue « de la porte d’en bas » a eu deux autres enfants : Roger (1897-1983) et Jeanne née en 1904.

Henri Martin suit les cours complémentaires à Vertus (51) et il obtient son « certif » en 1916. Il arrive à La Prat’s le 14 octobre 1918. Puis c’est le retour en Champagne. En 1921, il est recensé -comme son père- vigneron. En 1926, il épouse Berthe Poitevin ; ils auront deux enfants. Son beau-père, Gaston Poitevin (F.F.C., réseau SAMSON) décédera en 1944 à Buchenwald.

Entrée en politique

Dès 1924, Henri Martin s’engage en politique. Militant dans les rangs du parti socialiste S.F.I.O., il est élu maire d’Hautvillers en remplacement de son père décédé, puis conseiller général en 1937.

En 1936, il est candidat aux élections législatives dans l’arrondissement d’Épernay. Il est élu au second tour et il restera député de la Marne jusqu’en 1942.

Selon le « Dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 » de Jean Jolly, « Son activité fut essentiellement orientée vers la défense des intérêts du vignoble champenois, en faveur duquel il multiplia ses interventions dans le domaine de la vente du raisin et du vin et de la réglementation en matière d’appellations d’origine contrôlées. »

Puis, « il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Mais lorsqu’il rentre à Hautvillers, suite à sa démobilisation, il retrouve son domicile pillé. Il est déchu de sa fonction de premier magistrat de sa commune en 1943, du fait de son appartenance au Parti socialiste clandestin et à la franc-maçonnerie[1]. » Selon la notice que le Maitron en ligne lui consacre, il appartenait à la loge « La Bienfaisance chalonnaise » rattachée au Grand Orient de Reims et en était le Vénérable en 1939[2].

Résistance et déportation

Il entre alors dans la Résistance. Il est arrêté par les Allemands en 1943. Parti du camp de Compiègne le 22 janvier 1944, il est déporté à Mauthausen. Matricule 53908, il est affecté au kommando de travail de Güsen II pour installer une usine souterraine d’armement.

Âgé de 42 ans, il décède cinq jours après la libération du camp par les Américains, soit le 10 mai 1945. Henri Martin a obtenu la « Mort pour la France[3] ».

La mémoire d’Henri Martin est honorée à Épernay (Monument aux morts), à Reims (stèle commémorative parti socialiste), à Paris (Assemblée Nationale et Grand-Orient de France), à Chalons-en-Champagne (Conseil général), à Hautvillers (monument commémoratif)


[1] http://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/5039

[2] https://maitron.fr/spip.php?article120566

[3] Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 397798.