Roger Jules Auguste Mandrillon est né le 18 décembre 1909 à Boën/Lignon dans la Loire. Son père Jean Émile y exerce la profession de percepteur puis il est industriel spécialisé dans le bois. Roger a une sœur, Suzanne (1915-1981). La famille vit rue de Lyon.

Le père de Roger (1881-1957) entre en politique. En 1914, il est maire de Boën et conseiller général avant d’être élu député de la Loire de 1924 à 1928[1].

Roger fréquente l’école primaire du village et obtient son « certif » le 20 juin 1921. Après quatre années de Prat’s (1922-1926), il réussit le concours d’entrée à l’École des Arts-et-Métiers de Cluny. Il en sort diplômé en 1929.

En octobre 1933, il se marie avec Marie Louise Marguerite Moizieux.

En 1940, Roger appartient au Régiment d’Artillerie Divisionnaire, unité 16[2]. Le 31 mai, il se trouve à bord du torpilleur Le Siroco.

À bord du Siroco

« En mai 1940, le Siroco a acquis une renommée incontestable. Il a coulé plusieurs sous-marins ennemis, soutenu les troupes françaises dans le nord en opérant dans les eaux hollandaises, participé au sauvetage de l’équipage du Niger, appuyé les défenseurs de Boulogne.

http://dkepaves.free.fr/html/siroco.htm

Le 28 mai, il participe à l’évacuation des troupes de la poche de Dunkerque. Le 29, il embarque six cents soldats à Dunkerque en direction de Douvres et sept cent cinquante autres le lendemain : des artilleurs du 16e R.A.D (Régiment d’Artillerie divisionnaire) et des fantassins du 92e d’Infanterie, parmi lesquels se trouvent de nombreux auvergnats. C’est son deuxième transport en vingt-quatre heures. Ce sera son dernier voyage.

Les hommes se serrent dans les cales et les coursives, sur les ponts avant et arrière. Plein a ras bord, le Siroco suit la route Y et échappe aux bombes jusqu’à la bouée R. Mais une torpille l’atteint et il s’immobilise. Les deux hélices sont arrachées et un panache de fumée fuse, point de repère dangereux. Un avion pique et lâche deux bombes. La seconde explose dans la soute à munitions bourrée d’obus et de torpilles et emporte la moitié arrière du bâtiment avec tout le personnel qui s’y trouve. Le Siroco est touché à mort. Il s’enfonce et en deux minutes et sombre.

Certains hommes glissent et tombent a la mer, d’autres heurtent les parois d’acier, d’autres encore se noient, alourdis par leurs vêtements. (…). Le destroyer britannique le Widgeon, le contre-torpilleur polonais Blyskawica et le paquebot Royal Sovereign sauvent deux cent soixante-dix hommes sur un total de près de neuf cent cinquante. Ils atteignent l’Angleterre, sont réembarqués à Southampton, débarqués à Cherbourg et aussitôt jetés au combat contre les troupes de Rommel.

Le 29 octobre 1940, le premier tribunal maritime de Toulon acquitta à l’unanimité le capitaine de corvette de Toulouse Lautrec et le félicita pour son héroïque conduite, ainsi que celle de son valeureux équipage, reconnaissant que tout avait été mis en œuvre pour sauver le navire gravement touché par les bombes ennemies[3]. »

On peut également se référer au récit du naufrage écrit par Henri Laborit qui fût médecin à bord du torpilleur[4].

Le nom de Roger Mandrillon, « Mort pour la France[5] » le 31 mai 1940, figure sur les plaques commémoratives de la Société des Ingénieurs Arts-et-Métiers de Cluny ainsi que sur le monument aux morts de Boën/Lignon.


[1] http://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/4957

[2] Unité d’active rattachée à la 25e D.I.M. en 1939-1940.

[3] https://clermont-ferrand.fr/valeureux-torpilleur-sirocco

[4] http://www.elogedelasuite.net/?p=1030#comments

[5] Service historique de la Défense, Caen, cote AC 21 P 85176.