Quand est-ce qu’on commence à oublier ?

Force est de constater que nous sommes de moins en moins nombreux à assister aux commémorations du 11 novembre. On reçoit l’invitation à retardement, certains officiels désertent et notre canard local n’a même pas fait l’effort d’envoyer un correspondant à la cérémonie. Ce n’est plus vendeur le 11 novembre et il vaut mieux, pour attirer le lecteur, consacrer quelques lignes aux mariés du week-end, à la traditionnelle randonnée des moines et au boudin des sapeurs-pompiers.

Inauguration du monument aux morts de Cluny.

Les célébrations du centenaire passées, nos Poilus tomberont-ils définitivement dans l’oubli ?

Alors saluons le travail mené actuellement par Jean-Baptiste Lalande qui nous fournit des mini-biographies des Poilus de toute notre Com-Com. Nous commencerons par publier une série consacrée aux soldats de Château. D’autres villages suivront. Un grand merci Jean-Baptiste !


Tout d’abord quelques données issues des recensements de 1911 et 1921

1911   1921
475 Nombre d’habitants 369
69 Nombre d’hommes de 18 à 41 ans 40
134 Nombre de maisons 119
  Quelques commerçants et artisans  
2 Forgerons 1
5 Couturières 3
2 Boulangers 1
2 Aubergistes 1
2 Maçons 1
2 Bouilleurs d’eau de vie 1
18 Vignerons 3

La guerre a fortement ralenti l’activité économique et a accentué le phénomène de l’exode rural. Des veuves retournent vivre dans leur famille ou prennent un emploi hors du village. Le phylloxéra frappe la région ce qui explique la grande baisse du nombre de vignerons. Au-delà des conséquences sur la vie du village, les drames humains furent nombreux.

Monument aux Morts – Commune de Château
  • Les  Berthoux, cultivateurs, perdent leur seul fils parti à 18 ans en avril 1918 et mort de la rougeole après seulement un mois et demi d’armée. Leur commis Félix Lafay, gazé, ne peut pas retravailler dans l’agriculture.
  • Pierre-Marie Tarlet, forgeron, revient avec un seul bras valide.
  • Alexandre Joseph, pauvre avant la guerre, retournera à la misère malgré ses citations et sa croix de guerre.
  • Paul Giloux, croix de guerre lui aussi, sera blessé au combat ce qui entraînera une cécité totale et une « défiguration partielle » (ce qui ne l’empêchera pas de devenir maire de Château en 1949).

J-B Lalande