En 1914, l’Algérie est un territoire français. Elle est peuplée de citoyens français (familles issues de la métropole) et de sujets français (les musulmans d’Algérie) soumis à l’ordre de l’indigénat.

Moktar Mouadna est originaire de Rhira dans le département de Constantine. Pendant quatre ans la grande guerre fait de très nombreux blessés et beaucoup de soldats tombent malades, c’est le cas de Moktar. Les hôpitaux se multiplient à l’arrière. A Mâcon, l’hôpital est rapidement saturé et plusieurs hôpitaux complémentaires sont ouverts. C’est ainsi que Moktar va mourir au lycée de jeunes filles de Mâcon et est inhumé dans le carré militaire de la rue des Charmilles (photos ci-dessous).

Dans ce carré, soldats de confession chrétienne et musulmane sont réunis. Il n’est pas du tout sûr que la famille de Moktar ait été informée de son décès et du lieu de sa sépulture, son adresse étant inconnue.

Aux côté de huit millions d’appelés en métropole, 175 000 Algériens, 40 000 Marocains, 80 000 Tunisiens et 180 000 Africains noirs combattent notamment sur le front français et dans les Balkans. Eux aussi ont payé un lourd tribu avec un grand nombre de morts et de disparus : 48 000 parmi les tirailleurs d’Algérie et du Maghreb, 27 000 parmi les soldats d’Afrique subsaharienne.

PS : Ces chiffres sont estimatifs et peuvent varier suivant les sources.

J-B Lalande