Il y a les héros du quotidien et les héros dans l’action,  plus flamboyants, dont on admire la détermination et le courage. François Cabaton est de ceux-là sans aucun doute. Il est de ceux pour lesquels il a fallu ajouter une page dans l’état des services pour faire figurer les campagnes, les blessures, les actions d’éclat et les décorations… Voici en quelques phrases son itinéraire :

Né à Cluny en 1879, remarqué pour ses bons résultats scolaires, il fait partie des treize premiers élèves de Pierre Dameron lorsque celui-ci crée l’école primaire supérieure dans la salle de  la Justice de Paix en 1893.

Ses bons résultats lui permettent d’intégrer l’école des Arts et Métiers  d’Aix en Provence (promotion 1895). Il en sort avec une qualification d’ajusteur mécanicien.

Peut-être par goût de l’aventure, il a à peine 19 ans quand il s’engage pour quatre ans et qu’il est incorporé au 2ème régiment de tirailleurs algériens.  Il gagne rapidement des galons et est admis à l’école militaire de formation des sous-officiers. Il va renouveler ses engagements à plusieurs reprises et montrer en Algérie et au Maroc  qu’il est un combattant et un chef d’exception. Cela lui vaudra d’obtenir plusieurs décorations et même la légion d’Honneur  en Juillet 1913.

Nommé capitaine au début de la première guerre mondiale il se distingue à nouveau par ses initiatives et son courage, comme en témoignent ces citations :

Citations du 12/05/1915 à l’Ordre du Régiment et du 01/05/1916 à l’Ordre de l’Armée : « S’est élancé à la tête de sa Compagnie à l’attaque des tranchées allemandes et a largement contribué à leur enlèvement… Dans la nuit du 02 au 03/11/1914 chargé de porter en automobile des ordres aux factions qui s’étaient maintenues sur la rive droite de l’Aisne, est tombé sur un poste allemand. Accueilli à coups de fusil et bien que blessé, a riposté à coup de carabine avec l’aide d’un secrétaire et est parvenu à échapper aux Allemands sauvant les ordres qu’il portait. Le 14 mars 1916, a pris le commandement de son bataillon au cours d’une violente attaque et, par son sang-froid, ses habiles dispositions, a pu repousser l’ennemi. »

Il sera porté disparu le 25 mai 1917 à Prosnes.

J-B Lalande