Des pommes, des poires et des terrains de parachutage ?

Selon Marius Roux, professeur à La Prat’s, La Zim, M-L. Clément et lui-même -sous prétexte de chercher des champignons- battaient la campagne à l’automne 1942 pour trouver des terrains afin que le mouvement Franc-Tireur réceptionne des parachutages.

Selon le code du BCRA, le terrain pour les parachutages dans la région clunisoise était dénommé « Pomme ». « Poire » correspondait au terrain de Lentigny, peut-on lire dans l’ouvrage que Dominique Veillon a consacré au mouvement Franc-Tireur. Dans Le Pire c’est que c’était vrai, on parle également de ce terrain « Pomme » : « Le Commandant Marchand (pseudo : Arthur), responsable régional du S.O.E britannique (Service Operations Executive), réseau Buckmaster, entre en contact avec l’équipe Jean Renaud. Il lui obtient son premier parachutage au Loup, terrain « Pomme », le 28 octobre 1942. » Quant au premier parachutage à Lentigny, il a eu lieu le 11 novembre 1942 pour le compte du mouvement Franc-Tireur.

Quant à ce « Roquet » auquel La Zim fait allusion, il s’agit d’une amie commune aux deux sœurs : Elisabeth ROSSEL, professeur de sciences naturelles à Grenoble, nommée précédemment à Avignon au lycée de jeunes filles. Il semble qu’elle était impliquée à Grenoble comme « estafette », c’est-à-dire un agent de liaison.


Lettre à Sophie, fin juin-juillet 1942. Comment se nourrit le Roquet ? Je suppose qu’il doit aussi trotter pour ravitailler la famille. Heureux les parents qui ont des estafettes.

Lettre à Sophie, automne 1942. Le Roquet  m’a envoyé aussi des pommes. J’ai répondu illico et le lendemain, j’avais une lettre où elle me disait de les baptiser poires je suis navrée… et j’espère ne pas lui avoir fait d’ennui elle sera avec toi demain.