Nous avions promis au lecteur de partir sur les traces d’un Doussot qui aurait agi pour la résistance. En effet, il a, semble-t-il, aidé certains résistants qui témoignent en sa faveur. C’est le cas de Jean Biche « Boyer », du réseau Mithridate-Nilo, auquel nous consacrons cet article. Néanmoins, -disons-le tout de suite- ils ne sont pas légion. Où se trouvent donc les centaines d’hommes, « peut-être même un millier », qui doivent la liberté ou la vie à Doussot, si l’on en croit ce que dit Laurent Bazot en 1946 ?

Jean Biche alias « Boyer » appartient à Jade-Amicol puis en 1943 à Mithridate-Nilo, réseau qu’il dirige à Lyon. Il fournit également occasionnellement des renseignements au mouvement « Combat ». Selon les secrétaires de Marcel Peck, (E. Cuisinier et A-M. Soucelier), « Boyer » était considéré comme suspect, trop proche des Allemands d’où il tirait ses renseignements. Biche contestera avoir eu ce genre de relations avec les Allemands lorsqu’il témoignera au procès Doussot[1].

Emma Cuisinier le décrit encore comme « un homme d’affaires aventurier, audacieux et sans scrupule »[2] et Anne-Marie Soucelier se souvient que son chef Peck eut peur, lorsque Biche se fit arrêter. Le chef de Mithridate se droguait et il pouvait, par manque de caractère, parler[3]. Plus récemment, l’historien François Bédarida affirmera que Biche était un « personnage peu crédible[4]. »

Témoignage de Biche du 26 juin 1948

« Boyer » est arrêté le 19 octobre 1943 avec sa compagne Denyse Clairouin[5] chez un membre de Mithridate, M. Martin, radio-électricien, 61 rue de Sèze[6]. « Boyer » dira qu’il a été dénoncé par un certain « Ledanseur » qui avait infiltré son réseau[7]. Pierre Dupuy, du réseau Mithridate-Nilo à Lyon, confiera à Biche qu’il se méfie de cet agent qui ne sait même pas utiliser les appareils radio. Il souhaite le neutraliser mais Biche refuse[8]. Pierre Dupuy « Duroc » sera arrêté à son domicile en compagnie du colonel Ganeval (qui est en partance pour Londres) trois jours avant Biche, le 16 octobre 1943. D’autres membres du réseau Nilo sont arrêtés à Lyon. On peut lire sur le site des Amis de la Fondation de la Résistance[9], sans que l’on sache d’où le renseignement a été tiré, qu’ils doivent à Doussot de ne pas avoir été fusillés mais déportés[10]. Certains ne reviendront pas.

Poursuivons avec Biche. Sur sa compagne Denyse Clairoin, la Gestapo trouve l’adresse exacte du couple, rue de Créqui. C’est alors que, dit Jean Biche :

  • Dans les caves de l’avenue Berthelot, Doussot avoue à Biche travailler pour la résistance et lui signifie que son domicile va être perquisitionné. Mis en confiance très rapidement par Doussot, Biche se confie au sujet de fiches -conservées dans son appartement- donnant et le signalement et les adresses de résistants.
  • Doussot détruit également, devant Biche, l’agenda que possédait le résistant.
  • Et, grand seigneur, il lui offre un paquet de cigarettes ainsi que quelques billets de 100 F[11].

Biche poursuit : les documents sont cachés dans le tiroir d’un moulin à café au 39 rue de Créqui. Nous supposons donc, vue la capacité d’un tiroir de ce type, que les documents devaient être minuscules. Or Doussot parle d’une soixantaine de fiches et Girin (qui a réceptionné les documents) de 50 dossiers de résistants[12]. Quant à Thévenot qui a fouillé l’appartement de Biche, il dira y avoir trouvé des documents et une liste de 300 résistants de l’AS dans un faitout[13] alors que Biche sait (par Doussot sûrement) que c’est sa femme de ménage qui a trouvé ces fameuses fiches dans le moulin à café. Thévenot les aurait alors récupérées, à la barbe de deux Allemands qui montaient la garde…

Selon Thévenot, les documents et la liste -ou les fiches- ont été remis à Girin du réseau Dupleix via Bazot.

 Biche a été déporté à Flossenbürg et sa compagne Denyse Clairouin à Mauthausen où elle décède.

Témoignage de Biche du 2 juillet 1948 ou « MON évasion » ratée du 21 octobre 1943

Le 2 juillet 1948, la mémoire revient encore plus à Jean Biche (Il n’a pourtant que 48 ans au moment de sa déposition) et il écrit au juge : « J’ai depuis samedi rassemblé quelques souvenirs[14] ». Il n’est plus seulement question de fiches récupérées à son appartement, de carnet détruit, mais surtout de la préparation d’une évasion à son profit, évasion dont Doussot était, selon lui, le maître-d ’œuvre.

Le lendemain de son arrestation, soit le 20 octobre, « J’ai reçu l’ordre de vous faire évader dans les 48 heures, vous serez sorti demain soir », lui confie Doussot. Rien que ça. Biche se souvient « autant que [sa] mémoire soit fidèle » que le 21, il est conduit -pour y être interrogé- avenue Berthelot. Il est alors avec un « garçon blond » qui a été arrêté lui aussi chez Martin rue de Sèze le 19 octobre. Il aurait été intéressant de retrouver cet agent du réseau Mithridate-Nilo pour valider la version de Jean Biche…

Biche revient à Montluc vers les 16 heures. Rien ne s’est passé. Cette évasion, il s’agit de celle de Raymond Aubrac réalisée par son épouse Lucie et les membres du Groupe-Franc et non de celle de Biche.

Lucie et Raymond Aubrac [15] .

Comment imaginer, en effet, qu’une opération aussi spectaculaire en plein Lyon, soit préparée pour Biche en 48 H alors qu’il a fallu, selon Serge Ravanel, « quatre mois de préparation » pour mener à bien celle qui permet à R. Aubrac de recouvrer la liberté[16] ?

Biche est emmené à plusieurs reprises encore de Montluc à l’avenue Berthelot. Les Allemands selon lui sont sur les dents, redoutant peut-être une autre attaque et ils multiplient les détours. Rien ne se passe.

Une deuxième évasion programmée ?

Biche poursuit ainsi son témoignage : Doussot revient le voir à la cave et lui promet une deuxième évasion qui n’arrivera jamais non plus : « Je vais tâcher de remonter quelque chose pour vous faire sortir. » Le terme « remonter » est intéressant… Doussot se prévaut-il alors d’avoir une quelconque responsabilité dans l’évasion préparée et réalisée par le Groupe-Franc pour R. Aubrac ? C’est ce que pense Gérard Chauvy : « (…) il apparaît qu’à l’intérieur des services de la Gestapo de Lyon, le dénommé Lucien Doussot a pu jouer un rôle déterminant, notamment dans ce qui s’est passé le 21 octobre 1943 entre l’école de santé de l’avenue Berthelot et la prison Montluc[17]. »

Que faut-il lire entre ces lignes ? Doussot devait-il réellement faire évader Biche ? Et pour quels motifs ? Si tel était le cas, nous trouverions, dans les multiples pièces de son dossier, d’autres témoignages en sa faveur. Or il n’en est rien -ou presque- et surtout pas en 1943. Girin, du réseau Dupleix, l’attestera : Doussot s’est surtout réveillé à l’approche du débarquement -et nous le savons bien- pour assurer ses arrières dans un maquis : « Si, à mesure que la Libération approchait, il s’est donné davantage (arrestation Rucart), par contre au début et avant d’être contacté par le S.R, il semblait faire « correctement » son travail à la Gestapo (interrogatoire de Schroeder)[18]. »

À son retour de déportation, Biche sera persuadé -c’est ce qu’il a appris dans les milieux de la résistance, dit-il- que l’attaque du boulevard des Hirondelles était préparée à son intention et non pour Aubrac[19] . De même, il sera convaincu, comme il l’écrit au juge Serager, que Doussot « était effectivement aux ordres de la Résistance ».

Cimetière de Salornay-sur-Guye.

Dernier souvenir qui revient encore en mémoire à Biche, Doussot lui aurait proposé de prévenir quelqu’un de son arrestation. Biche -il a à ce moment-là confiance en Doussot à 90%- lui dit de se présenter à la patronne du bar de l’horizon, rue Bellecordière. Là, Doussot a, d’après Biche, rencontré un de ses adjoints, le commandant Colin. Le juge Serager ne contactera pas ce commandant Colin pour vérifier les dires de Jean Biche. 

Mais que dit Doussot à propos de Biche, témoin en or pour lui ?

Le coup est trop beau, pour sa défense, que Doussot ait oublié de parler de ces « évasions  » et de ce bar de l’horizon ! Mais il n’en dit strictement rien. Et c’est là que le bât blesse pour Biche.

Témoignage de Doussot en 1945

Entendu le 4 janvier 1945 par l’inspecteur Henri Arnaud, alors qu’il est détenu à la prison Saint-Paul, Doussot mentionne l’arrestation de Biche qu’il a réalisée avec les agents Schmidt et Krull. Il se souvient vaguement de la date « en novembre 1943, je crois », du lieu « chez Martin » et des personnes arrêtées (Biche, sa compagne, M. Martin et plus tard sa femme). Il conclue : « J’ignore ce que sont devenus ces gens-là ».

En bref, pour Doussot, c’est une petite arrestation comme les autres et il n’en fait pas grand cas pour se défendre. Or, s’il avait voulu se servir de cette affaire, c’était le moment de la mettre en avant car il avait sûrement plus de chances de finir fusillé en 1945 qu’en 1949.

Témoignage de Doussot en 1948

Détenu en 1948, Doussot rédige un « Mémoire » sur ses activités et modifie sa version initiale. Il a rencontré Biche et D. Clairouin dans leurs cellules de détention car Krull lui aurait dit que ces arrestations étaient importantes. Y voit-il alors son intérêt ?

Dans les caves de la Gestapo, il se découvre à Biche, lui disant qu’il travaille pour la résistance. Et il retrouve la mémoire !

  • Biche lui a confié un « carnet bleu » qu’il détruit devant lui. Selon Bazot, entendu le 26 janvier 1946 par le commissaire Maximin Dubois, le carnet ne fut pas détruit mais remis à Girin du réseau Dupleix[20].
  • Biche lui a également demandé de faire disparaître les documents qu’il conservait rue de Créqui et lui a donné une liste d’adresses de résistants. Doussot aurait prévenu toutes ces personnes.

Notons qu’il n’alerte pas -par exemple- Simone Saint-Clair[21], très proche de Denyse Clairouin et de Jean Biche, puisqu’elle sera arrêtée le 2 décembre 1943 et qu’il est fort improbable que son nom n’ait pas figuré dans ce fameux « carnet bleu ».

Doussot parlera bien de ces fameux documents récupérés au domicile de Biche, semble-t-il, par son compère Thévenot. Cachés dans un moulin à café selon Biche, retrouvés dans un faitout selon Thévenot et, cerise sur le gâteau, selon Bazot, carrément envoyés ultérieurement à Londres[22] ! Quatre versions différentes -celle du principal intéressé (Biche), celles de Doussot, Bazot et Thévenot, qui ne peuvent -une fois de plus- que nous faire douter de la véracité de leurs témoignages.

Et qui plus est, pourquoi Doussot n’a-t-il pas mentionné ces documents si importants dans sa déposition du 4 janvier 1945 ? Marcel Dreyfus, chef du réseau Dupleix, reste prudent lorsqu’il témoigne au sujet de ces fiches trouvées chez Biche car il a bien l’impression de s’être souvent fait berner par son adjoint Girin qui menait la grande vie avec Doussot : « Je suppose que cette subtilisation [des fiches] est à l’actif de Doussot, sans pouvoir l’affirmer[23]. »

Quant à un rôle joué par Doussot dans cette histoire d’évasion, on peut supposer que le juge Serager – qui a fait preuve de ténacité tout au long des interrogatoires- ne serait pas passé à côté de cette information capitale. Or, de ce témoignage à retardement de Biche, il n’en fait strictement RIEN.

En 1997, un témoin lèvera le doute sur cette évasion réservée à Jean Biche. Il s’agit du colonel Pierre Dupuy, chef régional du réseau Mithridate-Nilo, détenu avec R. Aubrac à Montluc. Selon lui : « Jean Biche était mon camarade. Il a été déporté. Je l’ai revu souvent après son retour de déportation et jamais il ne m’a parlé d’une tentative d’évasion dont il aurait été bénéficiaire du fait du fameux Doussot (Agent double, NDLR)[24]

Deux témoignages à une semaine d’intervalle ?

Alors, que s’est-il passé entre les deux témoignages de Biche, celui du 26 juin et celui du 2 juillet ? Qui a-t-il rencontré pour retrouver la mémoire en une semaine et modifier totalement sa première version ? Quelle contrepartie à cette version des faits qui ne profite même pas à Doussot alors que celui-ci aurait bien eu besoin de ce soutien pour accréditer son rôle d’agent de la résistance ? Biche se sert-il de cette histoire pour discréditer Raymond Aubrac ? Est-il seulement « aigri » comme le suppose Pascal Convert, puisqu’il voit Aubrac à la Libération occuper le poste de commissaire régional de la République à Marseille alors qu’on ne lui propose à lui aucune responsabilité[25] ?

Pour l’historien François Bédarida, « Aucun [historien] n’a jamais accordé la moindre créance à cette version rocambolesque qui ne tient pas debout[26]. » Mais cette affaire de l’évasion de Raymond Aubrac fait couler beaucoup d’encre et la polémique enfle. C’est « l’affaire Aubrac[27] ». En 1997, Gérard Chauvy sort son ouvrage : Aubrac. Lyon 1943. Pour l’histoire qui nous intéresse, l’évasion du boulevard des Hirondelles, l’auteur est certain que l’opération devait profiter à Biche. Hormis le témoignage de Jean Biche datant de 1948, Gérard Chauvy met également en avant le rapport -en date du 23 octobre 1943- du SS-Standartenführer Knochen[28] au SS-Obergruppenführer Ernst Kaltenbrünner. On peut en effet y lire :

En représailles à l’attaque du 21 octobre, boulevard des Hirondelles, il s’agit entre autres de :

 « b) Fusiller les 10 personnes emprisonnées dans l’affaire d’espionnage « Nilo », les Radios ainsi que le chef régional, l’IS Boyer (pour la délivrance desquels, selon toute vraisemblance, l’attaque a été exécutée), ainsi que les trois évadés du transport qui ont été rattrapés. »

Knochen écrit bien « selon toute vraisemblance ». Il n’est donc pas totalement sûr, au moment de la rédaction de son rapport, que l’opération devait profiter à Biche.

Comment le SS-Standartenführer Knochen est arrivé à cette conclusion, nous n’en savons rien mais différentes hypothèses ont été avancées par les historiens. Le témoignage de Biche en faveur de Doussot reste également un mystère. Maintenant, quand on connaît l’agent de Barbie, il est possible que Biche ait été redevable de quelque chose à « Lucien la Gestapo », quelque chose qui n’avait peut-être rien à voir avec la résistance. Et ce renvoi d’ascenseur, Biche l’a décidé -seul ou à la demande de quelqu’un- entre le 26 juin et le 2 juillet 1948. Et il connaissait les conséquences qu’engendrait son témoignage. Alors pour Biche, pourquoi Doussot a-t-il plus pesé dans la balance que Raymond et Lucie Aubrac ?


[1] Témoignage Jean Biche, 26 juin 1948.

[2] Procès-verbal établi par le commissaire de police Gaston Amiot, 20 juillet 1948.

[3] Procès-verbal établi par le commissaire de police Gaston Amiot, 22 juillet 1948.

[4] https://www.liberation.fr/societe/1997/07/09/special-aubrac-cinquieme-chapitre-le-21-octobre-1943_211223

[5] Denyse Clairouin (1900-1945) est une poétesse et traductrice de langue anglaise très connue avant-guerre. Elle traduisit notamment les premiers romans de Graham Green.

[6] Madeleine Caze, secrétaire de Biche, sera également arrêtée.

[7] Voir au sujet de Georges Ledanseur, passé au service des Allemands, l’ouvrage de Gérard Chauvy. Aubrac. Lyon 1943. Paris : Albin Michel, 1997, 456 p., pp. 226-227.

[8] http://mvr.asso.fr/UserFiles/Files/PDF/Pierre_DUPUY_ren%C3%A9e_LOPEZ.pdf

[9] http://www.memoresist.org/resistant/pierre-dupuy/

[10] Ont été déportés, selon Renée Lopez-Théry : les radios Dondon (mort en déportation), Maurice Rudell, Aymé Maes. L’agent de liaison A-M. Trudot (morte en déportation), Madeleine Caze, Violette Maurice, M. Martin et son épouse (morte en déportation), Salvatore Parra.

[11] Témoignage Jean Biche, 26 juin 1948.

[12] Témoignage de Jacques Hirsch, 26 avril 1949.

[13] Procès-verbal établi par le commissaire Gaston Amiot, 20 juillet 1948.

[14] Témoignage Jean Biche, 2 juillet 1948.

[15] https://www.clunisois.fr/2012/03/14/lucie-aubrac-retour-sur-la-vie-dune-figure-de-la-resistance/

[16] Ravanel, Serge. L’esprit de résistance. Paris : Editions du Seuil, 1995, 441 p., p. 159.

[17] Chauvy, Gérard. Op.cit., p. 235.

[18] Audition de Jacques Hirsch-Girin, 26 avril 1949 auprès du commissaire Jean Schneider. Au sujet de Schroeder, voir l’article sur Doussot à la Gestapo en octobre 1943.

[19] Idem.

[20] Ibidem. Girin atteste qu’un carnet d’adresses fut en effet subtilisé par Doussot.

[21] Simone Saint-Clair (1896-1975) intègre la résistance grâce à son amie Denyse. Elle est emprisonnée à Fresnes puis déportée à Ravensbrück le 14 juin 1944. Elle est l’auteur de « Ravensbrück, l’enfer des femmes. » où elle parle de son amie Denyse Clairouin et publie certains de ses poèmes rédigés au camp. 

[22] Témoignage de L. Bazot, 26 janvier 1946.

[23] Témoignage de M. Dreyffus, commandant Laffont, 1er juillet 1948.

[24] https://www.liberation.fr/societe/1997/07/09/special-aubrac-cinquieme-chapitre-le-21-octobre-1943_211223

[25] Convert, Pascal. Raymond Aubrac. Résister, reconstruire, transmettre. Paris : Seuil, 2011, 741 p., p. 642.

[26] https://www.liberation.fr/societe/1997/07/09/special-aubrac-cinquieme-chapitre-le-21-octobre-1943_211223

[27] https://www.delpla.org/IMG/pdf/aubrac.pdf

[28] Condamné à mort le 9 oct. 1954 à Paris, il est gracié par le président Auriol. Sa peine est commuée en réclusion et c’est De Gaulle qui signera sa libération en 1962. Il décède en 2003.