Des malades à Avignon ?

Nous restons dans le registre de la maladie, mais cette fois-ci, du côté d’Avignon où se trouve la deuxième maison refuge. Sophie se rend souvent à Lyon pour trouver sûrement des tissus pour son magasin « Les soieries Dandine ». Mais pas seulement. Récupération de matériel ? Hommes ou femmes à convoyer puisque l’on sait que Sophie -à Avignon- a accueilli, « au nom de sa soeur », des agents exfiltrés, et même un « Peau-Rouge » ? Il est possible également -dans cette série de courriers- que Marie-Louise fasse allusion aux enfants juifs, dont Sophie s’occupe chemin de Lopi.

En tous les cas, sa soeur se fait du souci pour elle, surtout au mois de mai 1942, à l’automne 1942 et février 1944.


Lettre à Sophie, avril 1942. Soignez-vous et ménagez vos réserves.

Lettre à Sophie, 29 avril 1942. Il me tarde de te savoir rentrée, j’aurais aimé te dire de t’habiller chaudement[1].

Lettre à Sophie, mai 1942. Quand les chaleurs vont encore augmenter tu seras crevée à ne pas lever le petit doigt avec ces randonnées[2]. Es-tu en bonne forme ? 

Lettre à Sophie, mai 1942. J’espère que ta bouche est maintenant d’aplomb et que tu peux te nourrir plus normalement.

Lettre à Sophie, mai 1942. Sans doute as-tu eu des distractions multiples et variées pour Pentecôte. L’essentiel, c’est que tu ailles mieux. 

Lettre à Sophie, automne 1942. Tu finiras par rester sur le flanc pour peu que ça continue.

Lettre à Sophie, automne 1942. Je me faisais du souci pour toi. Lyon disaient les bobards était en effervescence et je suis contente de te savoir au bercail.  Tant mieux si tu as récupéré quelques marchandises. Ce serait bien navrant d’avoir donné tant de temps et tant de peine pour rien.

Lettre à Sophie, 24 novembre 1942. Soigne-toi et pense qu’il n’y a plus que la santé qui compte un peu. Essaie de te représenter ce qui arriverait si tu étais sur le flanc.

Lettre à Sophie, 28 décembre 1943. Si tu dois aller à Lyon… fais le courant janvier, c’est plus prudent. Il est vrai qu’on devient marteau à force de redouter des choses qui ne se produisent pas. Merci. En attendant.

Lettre à Sophie, 10 février 1944. Toute ahurie de voir arriver une deuxième lettre. J’ai bien pensé qu’il y avait quelque chose. J’espère que tes malades se remettent rapidement sans quoi tu ne tarderais pas toi-même à être sur le flanc. (…) Je regrette d’être dans l’impossibilité de te venir en aide et il me tarde de savoir que tout est rentré dans l’ordre.

M-L. Clément à Sophie, 26 juillet 1944. J’espère que votre maman n’est pas trop fatiguée par les nouveaux arrivants.


[1] Faire très attention selon Serge Kastell.

[2] Allées et venues selon Serge Kastell.