De vraies funérailles et un faux assassinat !

« La Résistance Française vous communique : l’heure des règlements de compte approche. Vos sympathies germanophiles sont connues. La IV république ne vous oubliera pas si vous persistez dans votre attitude. »

Après l’exécution de Giraud, un rapport de la gendarmerie nationale de Mâcon, en date du 18 octobre 1943 relate que Jean Renaud a été à son tour victime d’un attentat le 16, dans son atelier, 2 rue de l’hôpital à Cluny. Le capitaine Bidan signale qu’un individu s’est introduit dans le magasin de Pompes funèbres et qu’il a tiré plusieurs coups de pistolet automatique sur Renaud qui tournait le dos à la porte. « Cette tentative d’attentat, qui survient après l’assassinat de M. Giraud, milicien habitant à Cluny, a causé une vive émotion, d’autant que M. Renaud a des idées qui ne convergent pas du tout avec celles de l’ex-milicien, s’il faut en croire la rumeur publique. »

Jean Renaud, un « anti-milicien ».

Que s’est-il exactement passé le 16 octobre ? Jean Renaud a tout simplement mis en scène cet attentat, en compagnie du résistant « Mémé », c’est-à-dire Aimé Broyer de Manziat. Les collaborateurs ayant fait courir le bruit que J. Renaud était le commanditaire du meurtre de Giraud, « Il faut désamorcer les on-dit et rabattre son caquet à la clique pétainiste », écrit Jean Martinerie. « Mémé » vient donc tirer sur Jean Renaud en visant bien sûr les meubles plutôt que le bonhomme. Puis « La population s’indigne et les résistants profitent de l’occasion pour adresser une lettre sans équivoque au Président de la Légion afin que les insinuations cessent (…) Mémé resté planqué en attendant d’aller trinquer avec sa supposée victime, en a beaucoup ri. »

De la famille Giraud à Cluny, personne n’en entendra ainsi plus parler et certains -que nous avons rencontrés et qui se souviennent- en rient encore.