Bien avant que la décision ne soit prise d’ériger des monuments aux morts communaux, l’Église catholique, comme l’Église protestante, décident de rendre honneur aux soldats « Morts pour la France ». C’est le cardinal Sevin, alors archevêque de Lyon, qui demande aux curés -lors de la fête de la Toussaint de 1915- de « graver les noms de nos soldats, tous les noms sans exception, du plus illustre au plus obscur. Gravez-les sur les murailles de vos églises. »

À l’intérieur de l’église Notre-Dame se trouve donc apposée une plaque où sont gravés 72 noms de soldats et à Saint-Marcel, 55 noms. Le message du cardinal Sevin n’est pas suivi à la lettre puisque tous les enfants de Cluny n’y figurent pas : le monument communal en compte beaucoup plus (137 en 1923). A contrario, certains noms figurent à Notre-Dame ou à Saint-Marcel mais pas sur le monument aux morts…

Les soldats honorés à Notre-Dame

La paroisse décide d’honorer 37 soldats nés à Cluny et 35 hommes y ayant résidé. Parmi eux, sept ne sont pas inscrits sur le monument communal :

  • Le caporal Jean Cabot (1894-1915) né à Cluny
  • Le maître-ouvrier Antoine Reboux (1897-1918) né à Château
  • Le soldat Jean Boisselet (1880-1915) né à Sainte-Cécile
  • Le soldat Simon Mariotte (1898-1918) né à La Vineuse
  • Le sous-lieutenant Georges Lemaistre (1887-1915) né à Paris
  • Le maréchal des logis Robert Le Couteulx de Caumont (1897-1918) né à Compiègne

À tous a été attribuée la mention « Mort pour la France », excepté Claude Catherine (1895-1916). Né à Berzé-la- Ville, il réside avec ses parents à Cluny en 1915. Il est incorporé le 19 décembre 1914 et il arrive au corps le 20 décembre. Il est réformé temporairement par la Commission spéciale de réforme d’Auxonne le 2 mars 1915 pour « craquement au sommet droit » puis réformé par la commission de Mâcon en sept 1915. Il décède le 17 février 1916 à Cluny.

L’Église Saint-Marcel

La plaque de l’église Saint-Marcel comporte 55 noms gravés, dont ceux de 28 soldats nés à Cluny. Pour certains est ajoutée la mention « Disparu ».

Trois noms ne figurent ni sur le monument communal, ni à l’église Notre-Dame :

  • Antoine Monget (1894-1916)
  • Claude Boucher
  • Claude Duby (1875-1919)

La paroisse Saint-Marcel fait le choix d’honorer un soldat décédé après la fin de la guerre : Claude Duby, mort à Bourg-en-Bresse le 12 août 1919.

Quant à Antoine Monget (né à Cluny), il a eu la mention « Mort pour la France » en combattant en Serbie. À ce titre, il devait avoir son nom gravé sur le monument communal.

« Gravez les noms de vos morts sur les parois de nos temples ; ils y feront resplendir (…) de nécessaires leçons, celles de l’abnégation et du sacrifice. » Lettre pastorale du cardinal Sevin, 1915