On lit sur le site de l’Institut d’histoire du temps présent un entretien très intéressant de Carine Janin avec l’historien Johann Chapoutot : Nazisme : « Pourquoi l’Allemagne verse encore des pensions ? » En voici un extrait :

« Parmi les bénéficiaires de ces pensions, des Belges, mais aussi cinquante-quatre Français. Qui sont-ils selon vous ?

Des survivants, ou leurs veuves, unités combattantes, auxiliaires de police qui ont œuvré pour les nazis. Peut-être des indicateurs et des espions civils qui ont travaillé pour le IIIe Reich… Les nazis n’auraient pu mener leur politique criminelle seuls. Pour pouvoir tuer six millions de Juifs européens, il leur a fallu la collaboration active de dizaines de milliers de criminels venus de tous les autres pays d’Europe. Toutes ces personnes, qui ont aujourd’hui au moins 90 ans, sont passées au travers des mailles de l’épuration.

Pensez-vous que l’administration française sait qui elles sont ?

L’administration allemande le sait. En France ? Il y a peut-être des rapports de surveillance de police, des renseignements généraux. Peut-être que l’on sait, peut-être pas… Car tellement de gens ont été impliqués dans la collaboration qu’il est impossible d’avoir un œil sur tous. Par ailleurs, entre surveiller un ancien volontaire français de la Waffen SS qui a aujourd’hui 97 ans et un djihadiste, on imagine quelle est la priorité de l’État français aujourd’hui. Il est possible aussi qu’au nom du rapprochement franco-allemand, dès les années 1950, l’administration française et la police française ont fermé les yeux. »

http://www.ihtp.cnrs.fr/content/nazisme-pourquoi-lallemagne-verse-encore-des-pensions-par-johann-chapoutot