Quels liens entre ces deux personnages ?

« En cette année 2019, la France commémore, sous le haut patronage de Monsieur le Chef de l’Etat, le 150ème anniversaire de la mort d’Alphonse de Lamartine (1790-1869), poète, romancier, dramaturge mais aussi académicien et homme politique engagé. Alphonse de Lamartine, député et président du Conseil général de la Saône-et-Loire, fut membre fondateur de la Société Française pour l’Abolition de l’Esclavage. »


Au 19ème siècle, Anne Marie Javouhey, bien connue dans le Clunisois pour son œuvre éducative, se fit un allié tout acquis à sa cause, Alphonse de Lamartine, pour poursuivre ses missions ad extra.

Anne Marie Javouhey

Anne Marie Javouheyest née le 10 novembre 1779 à Jallanges en Côte d’Or, dix ans avant la Révolution française. Elle décède le 15 juillet 1851 à Paris, à l’âge de 72 ans. Après plusieurs années de recherches personnelles, cette jeune bourguignonne à la foi inébranlable et au caractère bien trempé, forme en 1805, le premier règlement de sa communauté religieuse, fruit de son séjour dans l’ordre de Cîteaux. La communauté est baptisée à Autun en 1806 sous le vocable de Saint Joseph. Anne Marie et ses trois sœurs reçoivent leur vêture et nom de religion en 1807, à Chalon-sur-Saône.  C’est la naissance d’une nouvelle congrégation destinée à s’occuper des enfants pauvres qui va œuvrer à Paris, Chalon-sur-Saône, Autun, avant son installation définitive à Cluny. Le père d’Anne Marie, Balthazar Javouhey, acquiert l’ancien couvent des frères mineurs de l’étroite observance (1619 ou1622 -1793) sur la colline du Fouëtin, à Cluny, un bien national depuis la Révolution.

En mai 1812, Anne Marie Javouhey prend possession de l’ancien couvent des Récollets avec quinze membres de sa communauté, sur la colline Saint-Odile. Elle offre à la ville une belle opportunité d’instruction pour les filles de la région.

Les sœurs de Saint Joseph… de Cluny sont nées !

La particularité d’Anne Marie Javouhey estd’avoir fondé une congrégation apostolique, non cloîtrée, de droit pontifical, qui dépend directement de Rome, reçoit ses ordres du pape, et non pas des diocèses où les communautés sont implantées. En 1846, lorsque l’évêque d’Autun cherchera à abuser de son pouvoir, cent dix-huit notables de la ville signeront une pétition, apportant leur soutien aux sœurs de Saint Joseph de Cluny.

Déclarée Vénérable le 11 février 1908, Pie XI lui décerne le titre de première femme missionnaire et Pie XII la béatifie le 15 octobre 1950 pour « son œuvre de libération des esclaves au 19ème siècle« .

En 2012, lors du 200ème anniversaire de l’installation d’Anne Marie Javouhey à Cluny, le maire de la ville lui rend hommage en ces termes : « On parle beaucoup des abbés qui ont fait rayonner Cluny sur l’Europe, mais l’on se doit d’évoquer votre communauté qui s’étend elle, sur tous les continents… [1]». Aujourd’hui la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny rassemble 2600 sœurs, principalement en Inde et Afrique, de 67 nationalités différentes, réparties dans 57 pays sur 5 continents. Les religieuses sont engagées dans les domaines de l’éducation, de la santé, du social et de la pastorale.

Le village de Chamblanc (Côte d’Or) où elle vécut enfant et installa sa première école « est la 5e étape de la Route des abolitions et des droits de l’homme soutenue par l’UNESCO[2]»

www.abolitions.org

ou

Nathalie Wolff.


[1] Delpeuch Jean-Luc, Cluny, les Récollets, 12 mai 2012. 

[2] Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon. LES CÉLÉBRATIONS DE BOURGOGNE -1812. Fondation de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny.