« L’homme n’a rien de plus inconnu autour de lui que l’homme même. »

C’est  Lamartine qui me prête ces mots et sous la statue duquel nous étions conviés à nous rassembler à Macon, mardi 19 février dernier, pour dire stop à l’antisémitisme.

Mais peut-on parler de rassemblement ?

Alors que partout en France des appels sont lancés au même moment et qu’à Paris la place de la république enfle d’une même ferveur, les quais de Macon versent dans la honte.

Le maire de la ville exécute un discours avant l’heure fixée, discours hâtif, sourd et sans grande conviction devant la centaine de personnes présente. En un peu moins de cinq minutes, minute de silence comprise, l’affaire est bouclée. Vont s’enchaîner alors des prises de parole tout aussi inaudibles que vaines. C’est plié. Absence de micro, absence de compassion, absence d’engagement, absence de tout ce qui était censé nous réunir. Personne ne parle à personne. Si seulement cela pouvait être de la consternation. Non, c’est juste le reflet jauni de la France d’aujourd’hui. Des clans émergent qui ne s’écoutent pas, ils ne sont pas là pour ça visiblement. L’objet de cet appel à se rassembler est vite balayé au profit de relents de campagne pré-municipale. Plus personne pour entendre dégringoler la fraternité du fronton de la mairie juste en face.

 L’inconnu ou cette méconnaissance, cette non reconnaissance de l’Autre pour aboutir à son rejet, voire son anéantissement. C’est ce qui devait nous rassembler ce soir-là mais c’est encore et toujours ce qui continue à nous diviser.

                                                                               N. PetitGallet