Tout commence par une fratrie de six garçons. Cinq iront au front et deux mourront pour la France, tous deux Croix de guerre ; deux  autres seront blessés. Le premier à mourir au front est le plus jeune des six frères, Henri : sous-lieutenant Saint-Cyrien, tué à l’ennemi le 2 avril 1915, il a alors 19 ans. Guy De Reboul, né le 20 Août 1892 à Ameugny, a été exempté en 1913 pour des problèmes cardiaques, il est alors étudiant ecclésiastique. Ordonné prêtre, il rejoindra le 29ème régiment d’infanterie le 28 mars 1917. Rapidement nommé caporal, sergent, aspirant il devient sous-lieutenant en août 1918. Il trouvera la mort le 28 septembre 1918 à Urvilliers dans l’Aisne.

Guy De Reboul

Pour comprendre qu’un prêtre puisse faire partie d’une unité combattante il faut se replacer dans le contexte de l’époque. La loi de séparation de l’Église et de l’État est votée en 1905. L’état était laïc mais l’attachement à la religion catholique était encore grand pour une partie de la population. L’union sacrée permet alors de rassembler les Français agressés par l’Allemagne.  Combattre l’envahisseur, c’était défendre le drapeau français, défendre la liberté et ce, pour une partie des soldats, avec l’aide du Seigneur.

«Tu ne tueras point » et il ne l’a sûrement pas fait. Il était habité de valeurs chrétiennes qu’il a mises au service de ses camarades en tant que confesseur, soutien moral, mais aussi par son comportement sur le champ de bataille. Pour s’en convaincre on peut lire dans quelles circonstances il obtint la Croix de guerre :

« De Reboul Guy-Louis-Marie, sous-lieutenant à la 2ème compagnie du 29ème régiment d’infanterie, Officier remarquable de dévouement et de mépris du danger. Le 10 septembre 1918, voyant, au cours d’un combat, l’hésitation de quelques-uns de ses hommes à progresser et à franchir le réseau de fils de fer sur un terrain fortement battu par les mitrailleuses ennemies, a pris soin de leur faire franchir un à un la zone dangereuse et le réseau en maintenant lui-même les fils sous ses pieds, restant debout malgré les rafales de balles. A soulevé l’admiration de tous par sa belle conduite. »

J-B Lalande