Arrêté le 14 février 1944, Hôtel Beaufort

Marcel Samson est né le 21 décembre 1920 à Morienval, dans l’Oise. Il décède en 1974. En janvier 2019, nous retrouvons sa fille, Evelyne, qui vit en Saône-et-Loire. Elle nous livre les renseignements suivants.

En 1937-1938, son père est affecté à la caserne Duhesme de Mâcon pour suivre une préparation militaire puis il regagne son département.

Après la déclaration de la guerre, il revient sur le Mâconnais là où il a senti ses chefs « animés d’un esprit de résistance. » Grâce à une liste conservée aux Archives Nationales, nous savons que son homologation dans un groupe FTPF du Clunysois date du 6 août 1943.

Il lui faut cependant une « couverture » pour ne pas être repéré. Grâce à sa formation de boucher-charcutier-traiteur, il se fait embaucher en cuisine à l’hôtel Beaufort.

Le 14 février 1944, il est arrêté dans l’escalier de l’hôtel, les armes à la main. Selon lui, René Angebaud -pris chez le couple Sallet avec Favre et Cotte, aurait facilité son arrestation par les Allemands[1]. Parti pour Compiègne, il réussit à s’évader du camp : son village natal n’est qu’à seize kilomètres du camp et il connaît la région comme sa poche. Il est repris.

Son convoi -au départ de Compiègne le 6 avril 1944 pour Mauthausen- comprend 1489 hommes. Quinze de ses compagnons d’infortune ont été arrêtés en même temps que lui à Berzé ou à Cluny : les frères Chambard, Chanut, Col, Cotte, Deswarte, Favre, Fouillit, Gambut, Gelin, Golliard, Grandjean, Rigaud, Terrier et Thier.

Il travaillera au Kommando de Melk à partir du 24 avril 1944 puis il sera évacué sur Ebensee, le 15 avril 1945, juste avant l’arrivée des Alliés. Libéré le 6 mai 1945 par les Américains, le camp d’Ebensee compte alors plus de 16 000 personnes, venues de différents camps évacués devant l’avance alliée. Sur les seize compagnons partis de Cluny, quatre seulement reviendront avec Marcel : Gambut, Chanut, Gelin et Charles.

AP, famille Samson. M. Samson et son épouse lors de leur mariage, 1947.

À son retour de déportation, son état de santé ne lui permet pas d’exercer dans le domaine des métiers de bouche et il fait carrière à la SNCF (non roulant) gare du Nord à Paris et dans plusieurs gares dans l’Oise, plus près de sa famille.

Dans les dernières années de sa vie, Marcel Samson reviendra à Cluny lors de la journée de commémoration du 14 février. Selon sa fille Evelyne, « il est également allé plusieurs fois à des commémorations à Mauthausen et dans les différents commandos. Actif au sein de l’Amicale des déportés de Mauthausen, il a aidé jusqu’à la mort de ce dernier un ancien déporté dans une maison de retraite médicalisée à La Bruyère près de Liancourt (Oise) où nous habitions. Cela comptait beaucoup pour lui, bien qu’ils ne se connaissaient pas avant l’arrivée de ce camarade dans ce sanatorium. »


[1] Jeannet, André. Mémorial de la Résistance en Saône-et-Loire. Mâcon : JPM éditions, 2005, 443 p., p. 357 et pp. 153-154.