Le 11 novembre 2018 a été l’occasion pour de nombreuses mairies de donner un coup de jeune à leur Monument aux morts, dernier témoin historique du conflit 14/18. Le nôtre, oeuvre de Paul Janin, se fissure au fil du temps et on peut se demander s’il sera encore debout dans 100 ans.

Et puis, le 11 novembre 2018, ce fut aussi l’occasion pour certains villages de mettre à l’honneur les soldats dont les noms ne figuraient nulle part, même s’ils étaient bel et bien reconnus comme étant « Morts pour la France. » Ainsi peut-on lire dans La Voix du Nord que, dans le village de Bouin-Plumoison (Pas-de-Calais), la commune a rajouté douze noms de soldats oubliés et ce, grâce à la vigilance d’un centre d’études généalogiques.  


La Loi du 28 février 2012

En effet, l’article 2 de la loi du 28 février 2012– indique que si la mention « Mort pour la France » figure sur un acte de décès, « l’inscription du nom du défunt sur le Monument aux morts de sa commune de naissance ou de dernière domiciliation […] est obligatoire. »

La demande d’inscription est adressée au maire de la commune choisie par la famille. Mais quid de la demande quand il n’y a pas de descendant ? On imagine que la ville de Paris a rencontré ce genre de problème pour ériger son mur long de 280 mètres où figurent les patronymes des 94 415 Parisiens « Morts pour la France ».

Et bien lorsqu’il n’y a pas de descendant pour formuler cette demande, la loi stipule qu’elle peut être faite par :
-les autorités militaires,
-les élus nationaux,
-les élus locaux,
-l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre par l’intermédiaire de ses services départementaux ou les associations d’anciens combattants et patriotiques ayant intérêt à agir ». (Loi n° 2012-273 du 28 février 2012)

Un monument virtuel ?

Faute de demande pour l’ajout de patronymes oubliés sur un monument, on peut saluer l’énorme travail réalisé par certaines municipalités qui se sont emparées de cette recherche. C’est le cas d’Albertville. Sur leur site officiel, rubrique « Culture et Patrimoine », la ville propose un monument virtuel. Chaque citoyen peut signaler un oubli et alimenter le monument avec des documents d’archives et des photos. C’est un bel exemple de travail de mémoire.

L’idée nous séduit. Faute d’une inscription dans la pierre pour tous les Clunisois « Morts pour la France », nous proposons ici un monument virtuel avec les 153 noms recensés actuellement, dont ceux bien sûr qui ne figurent pas sur le monument de la rue Saint-Odile.

Morts pour la France, 1914

À suivre…